Texte de Bernard CATHONNET
Selon le Petit Robert (confirmé par Larousse), le blasphème est une « parole qui outrage la divinité, la religion » et, par extension, « quelque chose ou quelqu’un de respectable ».
Respectable. Sont-elles respectables des religions au nom de quoi on interdit, on châtie (parfois corporellement), on menace, on enferme, on massacre et, en tout cas, on restreint ou on supprime la liberté de penser, de dire et de vivre selon ses propres valeurs humaines ?
Sont-ils respectables et ne sont-ils pas les plus grands blasphémateurs, ces religieux qui s’autorisent ce qu’ils interdisent aux autres, au nom de Dieu ?
Quelle civilisation universelle serait la nôtre aujourd’hui, si l’on avait suivi les préceptes, les théories et les interdits de toutes les religions ?
Quelle serait la place des femmes dans cet univers ?
Quel serait l’état de la science, des arts, des lettres et de la pensée ?
Et quels seraient les droits des femmes et des hommes ?
Enfin, que serait notre quête du désir, du plaisir et de l’amour si les religions n’avaient dû céder du terrain devant les aspirations des individus ?
Nous assistons aujourd’hui encore, à une tentative de retour au pouvoir de l’ordre religieux aussi bien en Orient qu’en Occident.
Le combat pour la liberté est toujours aussi nécessaire.
Et si se moquer et blâmer la religion et les religieux est un blasphème, blasphémons donc et résistons.
Soyons aux côtés de ceux qui, par la dérision et l’humour, combattent l’hypocrisie, l’obscurantisme, l’immobilité et le repli.
La parole et l’écrit, les dessins, les photos sont des armes. Elles ne tuent pas, elles.
Elles expriment un refus et une confrontation qui permettent la naissance et la pérennité de la démocratie et de la liberté.
Bernard CATHONNET