Texte de Jean JANSSIS
J’avais oublié ma crainte mortelle de l’eau; des nuits blanches à m’imaginer dans ce grand lagon sur une toute petite gondole étroite et instable! Pourtant, c’est sur ce lagon que j’ai réalisé ma première photographie de Venise.
Par la suite, j’ai souvent perçu, charnellement, pourquoi Venise était la ville préférée des poètes et des peintres…
Place Saint Marc, je me suis promené sous ces colonnades interminables… Au fil de l’eau, j’ai suivi les façades de ces nombreux palais… tantôt richement travaillées, tantôt poignantes d’une simplicité voulue… J’ai admiré ces portes, ces rostres, ces bulbes, ces campaniles, ces remparts…
Je me suis égaré dans ces ruelles obscures qui suivent les canaux… escaladant les vieux ponts rongés d’herbe… et débouchant parfois de la pénombre glauque sur de vastes espaces incendiés de soleil, où l’on ne sait pas si l’on va découvrir un embarcadère d’où s’éloigne un vaporetto, les vestiges d’une usine destinée au transport du pétrole, une basilique ou un théâtre. Venise est un confluent entre la terre et la mer, l’Orient et l’Occident, la solitude et les plaisirs. Elle est la lagune des rêves.
Jean JANSSIS