Texte d'Antoine LAJOIE
La gloire ou la mort. Ou quand le mauvais esprit laisse place à la bonne conscience, que le regard se tourne vers l’intérieur, et que les vérités se nichent au fond des verres. Quand les motifs tapissent un monde transformé en chambre à coucher et que l’intime devient sublime. Une gloire modeste, mais une gloire avant tout.
Dans ces images, l’abandon est magnifique, car il rend meilleur, plus beau, et le geste y est rédempteur. Après tout, on n’est pas là pour être haïs.
Cette série de portraits réalisée exclusivement en studio cherche à recréer des ambiances cinématographiques, nous sommes dans l’esprit des films asiatiques et notamment ceux de Wong Kar-wai (Nos années sauvages, Chungking express, Les anges déchus, ou plus récemment le très esthétique In the mood for love). Mais le travail sur l’éclairage n’a pour but que de mettre en valeur la profondeur des gens photographiés, c’est une radiographie de leur âme.
Ici la mise en scène n’a en fait qu’une place infime, nous sommes juste dans la réalité d’un être confronté à un autre : le photographe et par lui, une confrontation à l’ensemble des gens qui nous regardent. Le résultat obtenu est une vision poétique au romantisme quelque peu désenchanté.
Antoine LAJOIE