Texte de J.M WILMOTTE
Il est essentiel de rapporter l’infiniment petit à l’infiniment grand. On ne se sert pas du petit comme d’un modèle qui deviendrait grand juste par le biais d’une simple translation. Pour moi, le petit et le grand existent à part entière et l’essentiel consiste dans le souci du détail que l’on se doit d’apporter à l’un comme à l’autre. Peu importe l’échelle, l’exigence reste la même.
En architecture, l’infiniment petit pourrait être rapporté à l’individuel et l’infiniment grand, au collectif. J’accorde la même importance à une maison de 80 m² qu’à un ensemble de bureaux de 80 000 m².
Quelle est l’échelle où se mesure la qualité de la création? Petits objets ou grandes réalisations ? La finition d’un luminaire urbain ou le schéma directeur d’une nouvelle ville ? C’est l’attention accordée au petit qui donne la vraie mesure du grand.
Dans une autre dimension, réaliser une maquette reste à mes yeux primordial. C’est elle qui permet d’évaluer, de tenter d’inscrire le nouveau bâtiment dans un milieu urbain de la façon la plus juste, la plus respectueuse. Même si, une fois réalisée, le projet n’est jamais identique à la maquette, si précise soit-elle.
Encore une fois, le « petit » et le « grand » existent à part entière et grâce au même souci de détail, au même respect.
Enfin, ce passage du petit au grand, vraie gymnastique de l’esprit, s’avère être le moteur véritable de la création. L’effet d’échelle change d’échelle à l’intérieur. Le vrai sens des choses se retrouve dans cette quête, dans ce rapport entre le petit et le grand.
Jean-Michel WILMOTTE