Texte de Marie N'DAO
Je ne me sens pas comme une femme, je suis une petite fille qui a peur et qui refuse de grandir...
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J’aimerais pouvoir briller comme une étoile, mais il y a quelque chose qui m’empêche d’exploser, de jaillir tel un geyser et cette chose c’est la peur de décevoir...
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Peut-être que c’est aussi dans la tête de tout petit africain ! …
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L’incertitude est comme une peinture sur mon visage. Je demande peut être de l’aide. J’ai besoin d’être rassurée, d’aller vers toi, fais moi signe ...
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J’ai toujours l’impression de prier. Je me sens tellement en dehors de ce monde. Je m’adapte, je m’intègre. Je me demande si je ne suis pas à la quête de ma place dans la société ...
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Ma hantise, mon objet « manquant » je le cherche chez toutes les femmes. Et ma quête de cette partie essentielle de la femme ne date pas d’aujourd’hui ...
Adolescente, profitant d’un moment de somnolence de ma mère, je lui ai tété le sein. Sensation bizarre mais rassurante. Ce que tu ne m’as pas donné je le saisis quand je peux. J’ai volé une tétée à ma mère ...
Autant que je me rappelle quand tu me corrigeais, j’avais cette façon si particulière de me protéger de tes coups. Ces coups qui sont pour moi si bénis car c’est le seul contact physique que j’avais avec toi. A défaut de me serrer dans tes bras frappe moi ...
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Je m’excuse d’avoir grandi aussi vite et de n’avoir pas pu te laisser le temps d’apprendre à me serrer dans tes bras. Je veux pouvoir m’adonner à l’amour, mais si tu ne m’as pas montré que tu m’aimais qui va me l’apprendre? J’ai tant besoin de toi pour mes pas premiers dans ce monde ...
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Il y a des jours où on aimerait se muer en insecte, histoire de fuir le monde réel et voir les choses autrement. Je me regarde et je me dis que l’être humain est et restera un mystère ...
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Enfant tout le monde se moquait de moi, le vilain petit canard qui de surcroit avait été donné dans une famille où tout le monde était beau ...
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Finalement, je rends grâce à mes parents de m’avoir donné. J’ai pu aller a l’école ; réaliser mon rêve de venir en France et mieux que ça mon plus profond désir aussi était d’être mannequin, ne sachant pas d’avance que je serais si grande. Ce n’est pas à dos de vache que j’aurais pu arriver en France. Je serais encore sur la route !!!
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Je dis toujours que j’ai quitté ma mère. Je l’aime et je suis obsédée par cette bonne femme ; c’est sans doute parce que je ne la connaîtrai jamais profondément qu’elle restera pour toujours une énigme pour moi. Elle n’a pas rempli son rôle de mère !!! peut être que je lui en veux. Ah !! il doit y avoir beaucoup de sentiments mêlés ...
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Ben quoi ! Je fais ce que je veux de mon corps et surtout ce que je peux. Je ne vais pas m’éterniser sur le sort des gens qui sont de grande taille ...
Marie N’DAO
Extraits de correspondances de Marie N’Dao avec Jean-François Bauret entre 1998 et 1999